Un hôpital à Saint-Laurent-la-Roche : une institution charitable pour les pauvres et les voyageurs

Au XIVᵉ siècle, Marguerite de Vienne, veuve du seigneur de Saint-Laurent-la-Roche, fonde un hôpital destiné à accueillir pauvres et voyageurs.

Comme patrimoine, il ne subsiste, de cet établissement, que la chapelle et son histoire est très largement méconnue.

A partir d’un important corpus d’archives, pour la plupart inédites, Jean-Charles Allain, chercheur en histoire locale, propose de redonner vie à cette institution disparue en retraçant son rôle, son organisation et son évolution au fil des siècles jusqu’à la Révolution lors d’une conférence. Une plongée passionnante dans la charité médiévale et la mémoire du village.

L’édifice actuel sera décrit depuis son passé récent d’épicerie-mercerie mais aussi de salle du conseil et d’école !
Puis rapidement on plongera dans le Moyen Âge pour reconstituer son histoire.

Aucune étude n’avait jamais été réalisée et il a fallu analyser des centaines de pages d’archives conservées à Montmorot et à Besançon, la plupart inédites.

Bernard de Chalon – détail de la peinture murale de l’église de Saint-Laurent-la-Roche

On découvrira qui était sa fondatrice, en 1383, Marguerite de Vienne, dame de Saint-Laurent-la-Roche, veuve de Louis I er de Chalon Arlay. Tous les seigneurs qui lui succéderont seront les « patrons » de cet hôpital c’est-à-dire qu’ils ont le droit d’en nommer les recteurs, cela jusqu’à la Révolution !

La nomination de quelques recteurs sera étudiée, en particulier celle de Bernard de Chalon. C’est lui qui est représenté sur la peinture murale de la Renaissance dans le chœur de l’église car il serait le commanditaire de cette œuvre réalisée certainement en honneur de Philbert de Chalon après sa mort et pour la visite, en 1533, à Saint-Laurent, de son héritier
René de Nassau.

Bien sûr, par différents plans, l’implantation stratégique de cette institution hospitalière sera précisée le long d’un grand chemin de passage de même que son emplacement par rapport au château et au bourg castral.

En savoir plus

Cet hôpital, comme c’est la règle, comprend trois parties :

  • deux salles avec quelques lits pour accueillir les pauvres dont une réservée, ici, aux pauvres des Cordeliers (prédilection des Vienne puis des Chalon pour l’ordre mendiant des Franciscains).
  • un espace religieux pour soigner leurs âmes qui est la chapelle, encore reconnaissable aujourd’hui. Ses saints patrons étaient la Vierge, saint Denis et saint
    Antoine (l’ermite).
  • Et un cimetière (découverte toute récente grâce à des archives privées inédites) dans lequel est enterré le prévôt de St-Laurent Renobert de St-Ligier (lequel a fait apposer une plaque mémorielle, pour son épouse morte en couches avec son nouveau-né, en 1621 dans la chapelle dite seigneuriale de l’église).

Les charges de cette institution charitable étaient la messe et l’aumône et ces règles devaient être respectées strictement.

Pour que cette institution vive et survive on lui a attribué dès le début des sources de revenus. L’établissement se trouvait à la tête d’un un domaine : des terres, des vignes (la mémoire en est restée vers la route qui descend à Grusse « L’hôpital »), des maisons, des charges de sel de Salins et le four banal de Gevingey, four qui sera l’objet de nombreuses contestations des habitants depuis 1447 jusqu’en 1774, ce qui montre que la gestion des biens était ardue.

Informations pratiques :

Jeudi 9 juillet 2026 à 20h
Salle polyvalente d’Arthenas, à 2 km au sud de la mairie par la route D72
Entrée 10 €. Gratuit pour les moins de 18 ans.